Apprentissage et Repos du Cerveau
collaboration Pascal Barollier
La Presse, Montréal, Lundi 08 Juillet 2002
Grasse matinée et sieste excellentes pour le cerveau
Washington - La mémorisation de nouveaux acquis est favorisée par la grasse matinée et les performances du cerveau sont stimulées par la sieste, selon deux nouvelles études américaines. Des chercheurs de l'école de médecine de l'Université de
Harvard ont constaté une amélioration de 20 % des capacités d'apprentissage de
tâches d'habileté motrice chez les personnes pouvant dormir plus longtemps le matin,
comparées aux performances des lève-tôt, selon les résultats d'une étude publie dans
le numéro de juillet de la revue américaine Neuron.
Une autre équipe de la même université à Boston
(Massachusetts. nord-est) a pu démontrer qu'une sieste à la mi-journée pouvait effacer
les signes de fatigue du cerveau et augmenter ses performances pour le reste de la
journée, selon l'étude publiée dans le numéro de juillet de la revue
britannique Nature Neuroscience.
Sommeil et motricité
La première étude a des implications importantes
pour l'apprentissage d'un sport, d'un instrument de musique
ou d'un mouvement artistique tel qu'un pas de danse.
« L'apprentissage de telles actions nouvelles pourrait demander
davantage de sommeil pour que le bénéfice maximum de l'entraînement puisse s'exprimer
», explique Matthew Walker, qui a dirigé l'une des équipes de
chercheurs.
Surtout, ces derniers considèrent que l'apprentissage de ces nouveaux
gestes ou mouvements est consolidé dans la mémoire durant les dernières heures d'une
nuit de sommeil, et particulièrement dans la dernière phase de sommeil paradoxal
(période de rêve) du petit matin, dont sont privés les lève-tôt. « L'érosion de la
période de sommeil engendrée par la vie moderne pourrait priver votre cerveau de
certaines capacités d'apprentissage », ajoute M. Walker.
L'étude souligne aussi l'importance du sommeil pour les personnes en
rééducation pour une paralysie provoquée par un accident vasculaire cérébral. Le
constat des chercheurs peut aussi expliquer l'importance du sommeil chez les jeunes
enfants : « l'intensité de leur apprentissage pourrait conduire le cerveau à réclamer
une large quantité de sommeil », avance M. Walker.
Sieste et apprentissage
L'effet réparateur de la sieste sur le cerveau est
pour sa part démontré par les chercheurs qui ont soumis les participants à la
seconde des études à une batterie de tests visuels entraînant un épuisement
cérébral.
Les résultats des quatre sessions de tests quotidiennes sont allés en empirant à mesure
qu'avançait la journée pour les personnes ne faisant pas de sieste. En revanche, la
baisse de performance a été stoppée après la deuxième session pour ceux qui ont pu
faire une sieste de 30 minutes avant de reprendre les examens.
Et une sieste d'une heure a eu pour effet d'accroître les performances des troisième et
quatrième sessions, comparées à la seconde, remettant le cerveau à sa capacité
maximum du début de journée, selon cette étude placée sous la direction de Sara
Mednick.