2-La Personne
Neurosciences du Comportement (04)
notes 4: Le Système Nerveux
"extraits" (pages)
1- Rapports entre
le Système Nerveux et l'Environnement
2- Anatomo-Physiologie Comparée
Les notions générales et méthodologiques résumées
en Cybernétique et Système (notes 3) permettent de comprendre un organisme
comme un tout et de faire de ce tout une étude dynamique aux différents niveaux
d'organisation.
L'étude pourra se faire en biochimie (moléculaire et
métabolique); et en physiologie (cellulaire, des organes, des systèmes et
générale)
Deux aspects pourront être isolés: l'aspect thermodynamique
qui étudie les entrées et les sorties énergétiques du niveau d'organisation étudié
et l'aspect informatif, qu'on peut appeler aussi celui de la structure,
celui des relations, tant des éléments entre eux, que de leur ensemble
avec les autres ensembles avec lesquels il entre en relation.
Thermodynamique:
Nous avons souvent répété qu'un organisme vivant pouvait être
envisagé comme un mécanisme capable d'ioniser la molécule d'hydrogène (H2),
support de l'énergie d'excitation provenant de l'action du photon solaire et de capter,
pour la mettre en réserve, cette énergie d'excitation.
Comment cette énergie sera ensuite utilisée au maintien de la
structure de cet organisme et comment l'ion hydrogène (H+) sera rejeté hors
de lui fera l'objet d'étude de toutes les disciplines énumérées il y a un instant. (Fig.TD)
Informatif:
Cette étude peut être reprise sur le plan informationnel. Mais
le système nerveux représentant le sommet de la hiérarchie des structures de
l'organisme humain, ainsi que l'un des principaux moyens par lequel cet ordre est
conservé dans le temps, c'est à lui que nous nous intéresserons surtout.
En effet, c'est principalement grâce au système nerveux que les
informations circuleront entre les différents niveaux d'organisation d'un organisme et
entre cet organisme et le milieu qui l'environne. Voir : le site des neurobranchés
1- Rapports entre le Système Nerveux et l'Environnement
Tout ce que nous connaissons du monde, ce n'est point un environnement siégeant "autour" de notre organisme, mais seulement l'activité relationnelle que les neurones de notre système nerveux entretiennent entre eux.
Quand une variation d'énergie quelconque survient dans
l'environnement capable d'influencer nos récepteurs sensoriels, elle met en jeu une
succession d'événements dynamiques au sein de notre système nerveux et cette activité
est strictement fonction du type de la variation énergétique qui lui a donné naissance.
Il en résulte un comportement, qui peut être inné s'il
est inscrit génétiquement dans la structure même de l'organisme qui est soumis à un
certain type de relations avec l'environnement. Il peut être acquis par
l'expérience personnelle de l'organisme envisagé, c'est-à-dire par l'histoire de
l'activité antérieure de son système nerveux.
Il semble donc à peu près certain que la connaissance commence par le contact empirique
avec le monde physique. L'enfant qui naît ignore qu'il a devant lui un sein ou un
biberon, mais le contact d'une tétine avec ses lèvres provoque un réflexe de succion,
de même que chez certains oiseaux une tache colorée comme celle du bec des parents
provoque l'ouverture du bec et la déglutition de la nourriture. (55)
Cette expérience physique primitive du monde conduit lentement le
nouveau-né à "abstraire" de son environnement physique ce qui est significatif
pour l'assouvissement de ses besoins cellulaires primordiaux.
Puis progressivement il apprend à agir sur ces éléments abstraits
grêce à ses propres mouvements. Cette action lui permet alors de "découvrir"
certaines relations entre les éléments sensoriels que lui "impose" le monde
physique et qui lui resteraient imposés s'il n'agissait point en retour sur eux.
Il faut dès maintenant noter que ce processus de connaissance,
cette découverte des relations, ne se limitent pas à la croissance de l'individu mais se
retrouvent encore dans l'évolution même de l'humanité.La fabrication de l'outil comme
intermédiaire entre l'homme et l'environnement dans la connaissance progressive de ce
dernier n'est pas née seulement du contact entre l'homme et l'environnement, mais de
la découverte de certaines relations entre les éléments caractérisant les
objets, d'un certain ordre interne à la matière.
(réf.
L'Homme imaginant) (56)
Cette progression n'a été possible que par l'action de l'homme
sur son environnement. Elle a lui a permis, dans un stade primitif qui demeure toujours
celui de l'enfant nouveau-né, d'établir dans son système nerveux des relations entre
ses expériences sensorielles variées. Les éléments sont appréhendés par des
systèmes sensoriels différents et les relations ne peuvent être établies qu'à partir
de l'action du sujet sur l'objet, action indispensable à la coordination des sensations,
donc à l'établissement des structures.
Ces structures sont indispensables pour dépasser à chaque instant le
stade de l'observation stricte des faits. Elles se construisent non dans les faits, mais
dans l'activité de nos neurones entre eux. Elles sont ainsi à la base du comportement
scientifique puisqu'elles permettent "d'imaginer" des structures nouvelles et de
les confronter par l'action à la réalité du monde physique. Cet accouplement de l'idée
et de l'action a permis l'évolution, puisque l'imagination , en créant de nouvelles
structures, a permis des activités motrices originales qui ont elles-mêmes fourni les
éléments de nouvelles structures (réf. Biologie
et Strucure). (57)
La façon dont le cerveau intègre en messages significatifs les
données sensorielles est extrêmement précoce. Si ces données sont supprimées à la
naissance, l'établissement secondaire de l'intégration est compromis. Les enfants
atteints de cataracte à leur naissance et opérés plus tard au cours de leur existence,
mettent plusieurs mois, après avoir recouvré la vue, pour distinguer un carré d'un
triangle.
L'activité du système nerveux, mise en jeu par les variations
énergétiques de l'environnement, est donc:
a) liée à l'organisation même de ce système et variable avec
les espèces, bien que l'entité neuronale soit un élément de base largement répandu
dans la biosphère;
b) ne peut donner naissance qu'à un autre état consécutif
d'activité nerveuse résultant soit d'une interaction avec le milieu extérieur, soit de
l'activité même qui l'a précédée.
Il y aura donc deux origines à l'activité nerveuse, l'une prenant
naissance au contact de l'environnement, l'autre prenant naissance à partir d'un état
d'activité immédiatement antérieur du système nerveux. La première caractérise la perception,
la seconde caractérise la représentation. L'une et l'autre ne sont que
l'expression d'un état d'activité relative existant entre les neurones constitutifs de
notre organisation nerveuse. La distinction entre les deux que peut en faire l'organisme
ne peut résulter que de la survenue concomitante dans la perception d'événements
extérieurs qui indiquent la source de cette activité nerveuse et la possibilité
d'action sur eux. (58)
Dans un environnement donné, considéré comme un ensemble, un
organisme donné n'entrera en relation qu'avec certains éléments seulement de cet
ensemble, du fait de sa structure spécifique, génétiquement transmise, et du fait aussi
que les relations historiques de cet organisme avec l'environnement présent ou ceux dans
lesquels il a été précédemment plongé ont établi dans son système nerveux une
activité d'un certain type, autrement dit des activités relationnelles interneurales
particulières.
Mais ce milieu comprend également d'autres organismes, et la part
prise par les autres hommes dans l'environnement d'un organisme humain est considérable
et va croissant avec la multiplication des individus sur notre planète et la
concentration urbaine.
Ce que peur exprimer un organisme par son comportement et même par le
langage ne peut être que l'activité de son système nerveux et les relations de celui-ci
avec l'environnement. C'est quelque chose d'unique. Un individu ne peut communiquer son
expérience à un autre individu que si l'interaction de celui-ci avec son propre
environnement présente quelques similitudes. (60)
"Le seul lien entre le monde objectif et le monde verbal est
structural exclusivement; le seul contenu de toute connaissance n'est que
structural". (Korzybski A., 1933)
2- Anatomo-Physiologie
Comparée
a) le cerveau reptilien
b) le système limbique
c) le néo-cortex
d) le cortex pariétal
L'étude de l'évolution du système nerveux peut nous fournir certaines informations concernant la signification fonctionnelle du cerveau des mammifères et de l'homme.
a) Le Cerveau Reptilien
(Archi-Cerveau)
Il y a quelque deux cents millions d'années la vie dans son évolution
complexifiante avait donné naissance au cerveau des reptiles
(MacLean, 1964).
Cette structure est toujours présente dans le cerveau humain dont elle
constitue l'acquisition l'acquisition phylogénétiquement la plus ancienne.
Elle est aujourd'hui représentée par la formation réticulaire
mésencéphalique, dont nous avons décrit la structure et la signification
fonctionnelle : le mésencéphale et les formations de la base du cerveau.
Le noyau caudé, le putamen et le globus pallidus des mammifères en
sont l'épanouissement le plus élevé dans la hiérarchie structurale.
Le cortex reptilien présente un développement extrêmement
restreint. Ce cerveau primitif permet à celui qui le possède des comportements
stéréotypés programmés par les apprentissages ancestraux. Il paraît dominer les
fonctions instinctives telles que l'établissement du territoire, la chasse, le rut et
l'accouplement, l'apprentissage stéréotypé de la descendance, l'établissement des
hiérarchies sociales, la sélection des chefs.
Comme le signale MacLean, l'obéissance à ce cerveau primitif est
parfaitement illustré par le comportement de la tortue qui retourne toujours à la même
place chaque année pour y déposer ses oeufs. C'est un instrument parfaitement inadapté
à l'apprentissage d'un comportement différent à l'égard d'une situation nouvelle et
inopinée.
Il est cependant important de savoir que le cerveau perfectionné de
l'Homme s'est bâti sur ces fondations et peut-être aussi comme le suggère MacLean, la
part prise par le cerveau reptilien dans le comportement humain d'obéissance aux rites
cérémoniaux, aux lois, aux opinions politiques, aux préjugés et au conformisme d'une
époque. Le chien, bien que mammifère, lorsqu'il urine sur un réverbère pour délimiter
son territoire obéit encore à son cerveau reptilien. (61)
Il serait utile de savoir ce qui subsiste de ce réflexe chez l'homme,
dans la notion de propriété. de classe ou de patrie. Les comportements qu'il commande,
qu'il a tendance à réaliser, se heurteront vraisemblablement à d'autres découlant du
fonctionnement du fonctionnement de régions cérébrales plus récentes
phylogénétiquement. Son fonctionnement réflexe sera inconscient, donc ignoré.
b) Le Système Limbique
(Paléo-Cerveau)
L'étape suivante de l'évolution a doté le cerveau reptilien d'une
enveloppe corticale chez les mammifères, qui a permis à ceux-ci de s'évader d'un
comportement stéréotypé, souvent inapproprié à l'environnement. Chez tous les
mammifères le cerveau es entouré d'un cortex primitif que Broca (1878) a appelé lobe
limbique.
Cette structure constante chez tous les mammifères présente des
connections étroites avec l'appareil olfactif et il fut fréquemment appelé "rhinencéphale".
Mais Papez (1937) montra que ses fonctions étaient plus variées et qu'il jouait un rôle
fondamental dans les activités émotionnelles, endocrines et viscéro-somatiques.
MacLean (1952) suggéra le terme "système limbique"
pour désigner le cortex limbique et l'ensemble des structures sous-corticales en
relations étroites avec lui. Ce système est fort semblable chez tous les mammifères (comparaison) et sa structure est relativement primitive
en comparaison de celle du néo-cortex. Il continue à fonctionner à un niveau instinctif
chez l'homme et l'animal, et ses connections étroites avec l'hypothalamus (à l'inverse
du néo-cortex) montrent qu'il est obligé de jouer un rôle essentiel dans l'expression
émotionnelle et le comportement viscéro-somatique. (62)
c) Le Néo-Cortex
Enfin, dans une troisième étape de l'évolution apparaît
tardivement, chez les mammifères les plus évolués, un "néo-cortex"
enveloppant les deux autres. Il est d'autant plus développé que l'espèce est cabable de
plus d'adaptations originales par rapport au milieu. L'on peut suivre suivre son
développement croissant du lapin, au chat, au singe et à l'Homme par exemple. C'est
avant tout un cortex associatif. Nous avons déjà dit pourquoi de ces associations
pouvaient naître des activités nerveuses variées, des comportements de moins en moins
stéréotypés, et pourquoi ces zones associatives pouvaient être considérées comme la base
fonctionnelle de l'imagination créatrice de nouvelles structures fonctionnelles,
moins directement dépendantes de l'environnement. (63)
Quand une interaction du système nerveux humain avec une variation
énergétique de l'environnement survient, cette interaction va transformer l'activité
des systèmes neuronaux qui, en étroite relation avec les éléments sensoriels, vont
"incorporer" cette interaction. Ce qui est particulier au néo-cortex. c'est la
possibilité de faire varier presqu'à l'infini ces relations interneuronales
incorporées, de telle façon que des relations non directement conditionnées par
l'environnement apparaissent entre les activités historiques et présentes du système
nerveux. Il en résultera un comportement original, une "prédiction" des
relations possibles avec un environnement changeant, une anticipation même des variations
de l'environnement.
Le paléocéphale se tourne vers l'avenir, poussé par les expériences
passées, génétiques et personnelles, alors que le néocéphale saute en avant dans le
futur en prenant appui sur le passé et en regardant le présent. Le paléocéphale fait
de la "programmation"; il déduit le futur du passé. Le néocéphale fait de la
"prospective"; il construit le futur à sa guise. (64)
d) Le Cortex Pariétal
L'aire pariétale du néo-cortex a été
particulièrement investiguée par le Dr Penfield. Il y a identifié les zones
de sensibilité et de motricité volontaire du corps humain. Il y a localisé
chacune des régions sensorielles du corps et leurs réponses motrices aux
stimuli ou associations néo-corticales.