Collaboration spéciale
Sylvain Robillard
La Presse, Montréal, Lundi, 17 Janvier 2005
Survivre aux patrons impossibles
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| Vie Au Travail |
Votre patron
est égocentrique, exigeant ou encore colérique, et vous ne savez pas comment
gérer la situation ?
« Les gens sont souvent démunis, car le patron, c'est
l'autorité suprême, et les recours contre lui ne sont pas faciles à utiliser »,
note Serge Baron, psychologue et associé de la firme conseil CFC, qui se
spécialise dans le domaine des ressources humaines depuis plus de 40 ans.
Et le patron, c'est important. Dans un sondage de
CareerBuilding.com, 87 % estimaient très important de se sentir appuyé par
son supérieur immédiat, tandis que 43 % se sentaient dévalorisés par celui-ci.
Vous en faites partie ?
Voici une liste de sept types de leaders inefficaces
assortie de quelques conseils pour contrecarrer leurs assauts sur votre carrière
et votre santé mentale.
Le
micro-gestionnaire
Généralement très anxieux et attaché au détail, le
micro-gestionnaire ne sait pas déléguer et s'implique dans votre travail au
point de nuire à sa progression.
« La première chose à faire, c'est de rencontrer le patron et
de lui décrire, de la façon la plus factuelle possible, l'impact négatif de son
comportement sur votre rendement. Suggérez-lui aussi des points de contrôle une
fois par jour, pour éviter qu'il ne débarque dans votre bureau à tout bout de
champ. »
Le
machiavélique
Sa vision du monde du travail est celle d'une pyramide énorme
dont le sommet n'attend que son ascension. Ce gigantesque ego est prêt à tout
pour y parvenir, même si l'itinéraire comporte la destruction d'une ou deux
carrières -- peut-être même de la vôtre ! M. Baron rigole à cette description :
« Dans la mesure où ils le peuvent, je suggérerais aux employés de baser leur
stratégie sur celle du patron et de créer des projets qui feront progresser sa
carrière -- et du même coup la leur ! »
Le martyr
Le patron dévoué à la cause de son entreprise, est aussi le
manipulateur qui vous dira : « Regarde-moi, ça fait trois fins de semaine que je
passe au boulot malgré la maladie ! Tu ne peux pas penser à autre chose qu'à ton
nombril et passer trois petites soirées par semaine au bureau ? »
Ce type de personnalité joue beaucoup sur le système
judéo-chrétien. « Il réveille la culpabilité et est peut-être le plus difficile
à gérer, prévient M. Baron. Ramenez-le au contrat de base, posez vos limites et
forcez-le ainsi à définir des priorités claires. »
Le
paranoïaque
Il se sent persécuté et il lui pousse une paire d'yeux
derrière la tête. Ce type de patron soupçonne tout le monde, vous y compris. «
Il part d'une petite partie de la réalité pour la déformer, observe M. Baron. On
ne peut s'opposer à un tel type car tout ce que vous direz sera retenu contre
vous. Surtout n'entrez dans aucune sphère émotive avec lui. Ramenez-le au détail
du travail et aux faits. »
Le «
p'tit boss des bécosses »
Limité à plusieurs égards, dont aux chapitres des relations
humaines, de l'expérience et des compétences, il exerce son pouvoir
gratuitement, sans discernement ni nuance. « Il se refuse à comprendre et ne
possède pas d'autocritique, donc ne perdez pas trop de temps à lui exposer vos
états d'âme. En dernier recours, sautez la hiérarchie et allez voir votre
patron. Mais n'utilisez cette tactique qu'avec parcimonie. »
« Mais si vous utilisez cette solution, avisez votre patron
de ce vous faites, prévient Mme Brault, coach en relations humaines et
formatrice depuis près de 30 ans. Soyez transparent afin de protéger la relation
avec lui et d'éviter des ennuis. »
L'impatient
Celui qui vous pique une crise le vendredi 16 h pour que vous
lui remettiez un rapport le lundi matin 8 h 30. Il est désorganisé et semble
constamment sous haute tension. « C'est le genre à faire plus attention à ceux
qui lui ont fait passer le message, note M. Baron. Aussi, évitez de garder vos
crottes sur le coeur trop longtemps car il oublie ses crises trois minutes après
qu'elles sont terminées. »
Bien sû, il y a crise et crise... Si vous êtes victime de
harcèlement, sachez que depuis le 1er juin 2004, les employés au Québec ont un
recours légal contre le harcèlement psychologique en milieu de travail.
Le téflon
Il fuit les responsabilités. Lorsqu'il y a un problème, il ne
cherche pas la solution mais un coupable. « Le drame avec de tels employeurs,
note M. Breton, c'est que les gens font plus attention à ne plus faire d'erreur
qu'à réussir. C'est contre-productif. »
Faites attention aux rapports de performance que vous recevez
et n'ayez pas peur d,exiger des révisions au besoin. Documentez-vous et amassez
les preuves de votre bon rendement.
M. Breton conclut : « Le meilleur moyen pour vous est de
consolider votre confiance en vous et en vos compétences. Rien ainsi ne saura
plus vous atteindre. »
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7 trucs pour aborder votre patron...
Peu importe l'insatisfaction que vous vivez face à votre supérieur, Danielle Brault, coach en relations humaines, vous suggère les trucs suivants :
> Ne prenez pas les choses personnellement. Sans l'accuser, parlez de vous (au je) et concentrez-vous à décrire ses comportements et non les tares de sa personne. Souvent, l'autre ne sait pas l'impact de ses comportements et actions sur vous.
> Clarifiez vos attentes mutuelles. Faites une alliance de travail que vous vous engagez à respecter tous les deux.
> Questionnez-vous sur le miroir des comportements agaçants de l'autre. Qu'avez-vous à apprendre ?
> Questionnez-vous sur votre responsabilité dans l'amélioration de la situation. Tout problème relationnel comporte deux côtés, deux responsabilités.
> Allez « avec » la résistance plutôt que de la combattre. C'est un principe de base des arts martiaux.
> Allez chercher du réconfort hors du bureau (évitez de blâmer ouvertement votre patron devant vos collègues).
> Partagez avec votre patron votre désir d'une bonne relation avec lui et vérifiez si c'est réciproque. Si oui, tout est possible pour la résolution des conflits. Sinon, concentrez-vous sur votre travail, détachez-vous de la relation et peut-être aurez-vous tôt ou tard à décider de changer d'emploi.