Socio
:
Aide Sociale à Montréal et Ailleurs
Extrait de La Presse :
Claude Picher
La Presse, Montréal, Mardi, 12 Juillet 2005
L'aide sociale à Montréal et ailleurs
| Les régions et l'aide sociale | |||
| Région | Nombre de prestataires | % de la population | % de prestataires nés hors du Canada |
| Montréal | 185 400 | 9,9 % | 44,3 % |
| Mauricie | 25 546 | 9,5 % | 1,3 % |
| Gaspésie | 9085 | 9,4 % | 0,3 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 10 088 | 7,0 % | 0,7 % |
| Estrie | 20 831 | 7,0 % | 8,9 % |
| Saguenay - Lac Saint-Jean | 19 376 | 7,0 % | 8,6 % |
| Bas - Saint-Laurent | 14 040 | 6,9 % | 0,6 % |
| Outaouais | 22 662 | 6,7 % | 9,6 % |
| Centre-du-Québec | 14 545 | 6,5 % | 3,2 % |
| Lanaudière | 22 486 | 5,4 % | 2,6 % |
| Québec | 36 083 | 5,4 % | 6,1 % |
| Côte - Nord | 5092 | 5,3 % | 0,5 % |
| Laurentides | 25 441 | 5,1 % | 2,7 % |
| Montérégie | 67 038 | 5,0 % | 8,7 % |
| Nord - du - Québec | 1992 | 5,0 % | 0,3 % |
| Chaudière - Appalaches | 16 012 | 4,1 % | 1,1 % |
| Laval | 14 620 | 4,0 % | 26,4 % |
| Central (1) | 8851 | s/o | 3,3 % |
| 518 188 | 6,9 % | 18,6 % | |
| Sources Ministère de l'Emploi et de la
Solidarité sociale : calculs de l'auteur (1) La région « Central » regroupe les dossiers administratifs directement par le ministère, comme les prestataires hébergés ou sous la curatelle publique |
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Les chiffres montrent aussi que 18,6 % des assistés sociaux québécois sont nés à l'extérieur du Canada. À Montréal, cette proportion bondit à plus de 44 %.
«
À Montréal, lorsqu'on pense à l'aide sociale, on pense immédiatement à la
Gaspésie. Or, dans toute la Gaspésie, il n'y a que 7246 assistés sociaux
adultes. L'île de Montréal, qui fait 25 % de la population québécoise, compte
près de 36 % des assistés sociaux du Québec...
La Gaspésie a été vidée d'une partie de son élite, de sa
jeunesse, de ses éléments les plus dynamiques partis étudier en ville, c'est
vrai. Mais Montréal s'appauvrit parce qu'elle accueille trop de pseudo-réfugiés
qui viennent grossir les listes de l'aide sociale. Au Québec, près d'un assisté
social sur cinq est un immigrant, surtout à cause de Montréal. » (J. Noël)
M.
Noël est bien renseigné. Selon les chiffres les plus récents du ministère de
l'Emploi, il y a effectivement 7246 assistés sociaux adultes en Gaspésie. Si on
y ajoute les enfants qui dépendent de parents assistés sociaux, le nombre total
de prestataires passe à 9085.
Il est tout à fait exact que Montréal compte 25 % de la
population et 36 % des assistés sociaux du Québec.
Dans ces conditions, de toutes les régions du Québec, ce
n'est ni la Gaspésie ni la Côte-Nord ni l'Abitibi qui détient la plus grande
proportion d'assistés sociaux, mais bien Montréal, où une personne sur 10 dépend
de l'aide sociale, comparativement à une personne sur 17 dans le reste de la
province.
Pour donner une idée de l'ampleur du désastre, rappelons que
si Montréal parvenait simplement à ramener son taux d'aide sociale au même
niveau que la moyenne québécoise, on y compterait 56 000 assistés sociaux de
moins. C'est énorme.
Il faut cependant mettre un bémol sur ces chiffres. La
réalité est en effet déformée par le découpage des régions administratives du
Québec. D'un point de vue administratif, la région de Montréal correspond à
l'île de Montréal. Dans la vraie vie, il est clair que la région de Montréal
comprend aussi Laval (même si cette ville constitue à elle seule une région
séparée), ainsi que la très forte majorité de la population de la Montérégie,
des Laurentides et de Lanaudière. Or, dans ces quatre régions de la grande
banlieue montréalaise, la proportion d'assistés sociaux tombe entre 5,4 % et 4
%, nettement moins que la moyenne québécoise.
Les chiffres montrent aussi que 18,6 % des assistés sociaux
québécois sont nés à l'extérieur du Canada. À Montréal, cette proportion bondit
à plus de 44 %. Vous avez bien lu : presque un assisté social sur deux, à
Montréal, est un immigrant. Là aussi, les chiffres donne raison à M. Noël.
La proportion d'immigrants parmi les assistés sociaux est en
forte hausse. En 2001, on en comptait 60 000, comparativement à 96 000
aujourd'hui.
Sur ce nombre, il est impossible de dire combien sont les
pseudo-réfugiés qui tentent de s'infiltrer dans le système. Les statistiques du
ministère se contentent de chiffrer les assistés sociaux « nés hors Canada »,
définition qui englobe aussi bien ceux qui ont acquis la citoyenneté canadienne
que ceux en attente ou ayant obtenu le droit de résidence, ou encore les
revendicateurs du statut de réfugié.
Ce qui est certain, c'est que l'île de Montréal abrite plus
de 80 % des assistés sociaux nés hors du Canada, et que Laval et la Montérégie
en absorbent une autre tranche de 10 %. Cela n'en laisse pas beaucoup pour les
régions.
Les chiffres du ministère nous apprennent aussi que 49 % des
prestataires de l'aide sociale sont des personnes seules, tandis que 25 % vivent
dans des familles monoparentales.
Par ailleurs, 42 % des assistés sociaux québécois n'ont
aucune contrainte à l'emploi, c'est-à-dire qu'ils sont aptes au travail et
pourraient occuper un emploi immédiatement. Une autre tranche de 26 % sont
considérés comme ayant des « contraintes temporaires » : malades, victimes
d'accidents, femmes enceintes de 20 semaines ou plus, personnes âgées,
personnes ayant à leur charge un enfant de cinq ans ou moins ou un handicapé
physique, etc. Enfin, 33 % des assistés sociaux ont des contraintes importantes.
c'est-à-dire qu'ils ont démontré, rapport médical à l'appui, que leur état
physique ou mental ne leur permet pas d'occuper un emploi.