Société
: Confession d'une Terroriste
Collaboration spéciale
Izvestia,
traduction Courrier international
Cyberpresse, Dimanche, 05
Septembre 2004
« Cela faisait un mois que je ne voulais plus me faire exploser... »
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| Photo AFP |
De nombreuses femmes figuraient parmi parmi les terroristes qui ont plongé la Russie dans l'horreur cette semaine. Comment peut-on en arriver à des gestes aussi désespérés ? Pour mieux comprendre l'incompréhensible, nous reprenons ici de grands extraits d'un article publié en mars dernier dans le journal russe Izvestia, et traduit en français par le Courrier international. On y fait la connaissance de Zarema Moujakhoïeva, une jeune femme de 23 ans qui, il y a un an, a raté un attentat suicide dans l'une des grandes artères de Moscou. Elle a été interviewée dans la prison de Lefortovo, au centre de la capitale, où elle attend son procès.
Izvestia:
Quand et comment êtes-vous arrivée a Moscou ?
Zarema Moujakhoïeva: Je suis arrivée d'Ingouchie, en avion, seule, le
soir du 3 juillet 2003, avec mes propres papiers d'identité. C'était la première
fois que je venais à Moscou. Personne ne m'attendait à l'aéroport, mais j'avais
des instructions précises: je devais prendre un taxi jusqu'à la gare Paveletski,
puis trouver le café Rous, où quelqu'un me prendrait en charge. Au café, c'est
Rouslan qui m'attendait. (Rouslan Saaïev, un Tchétchène de 33 ans, a été abattu
à l'automne 2003.)
Il m'a dit de l'appeler Igor, pour ne pas attirer l'attention. Étant blond aux
yeux clairs, il avait effectivement l'air d'un Russe. Il m'a fait monter dans
une Volga noire toute neuve pour me conduire dans un village de la banlieue de
Moscou, à Tolstopaltsevo. Nous sommes arrivés dans une petite maison délabrée.
Un couloir étroit, une cuisine, les toilettes dans la cour. Dans le couloir, à
gauche, il y avait la chambre de celui que l'on appelait Andreï.
La femme d'un rebelle
C'était à la fois notre garde du corps et notre artificier. Il ne sortait jamais
de la maison. Igor avait la plus belle chambre, avec une télé et un tapis sur le
mur. On m'a donné la troisième, avec un canapé déplié comme seul meuble. Le
lendemain soir, Igor a ramené deux autres femmes, Zoulikhan Elikhadjieva et
Marem. J'ignore son nom de famille.
Elle avait la trentaine, elle était très renfermée. Tout ce je sais de Marem,
c'est Zoulikhan qui me l'a dit. C'était la femme d'un rebelle, ils étaient
ensemble dans un repaire de combattants, dans les montagnes. Le chef du groupe
lui avait ordonné d'avorter, et son mari n'avait pas pu s'y opposer. Par la
suite, il est mort, et Marem s'est retrouvée seule, sans mari ni enfant. C'est
comme ça qu'elle s'est retrouvée prête à devenir kamikaze. Quant à Zoulikhan,
elle m'étonnait par son insouciance. Elle m'a raconté sa vie de A à Z, pendant
toute la nuit. Elle sortait avec Mahomed, un parent à elle, qui était lui aussi
un combattant. Ils se sont enfuis ensemble, et sa famille l'a maudite. D'après
ce que j'ai compris, c'est ce Mahomed qui l'a incitée à se faire exploser. J'ai
cru comprendre qu'elle tenait beaucoup à ce que tout le monde entende parler
d'elle. Au matin, il s'est avéré que toutes les deux devaient partir commettre
un attentat. Andreï les a équipées de ceintures d'explosifs, et Igor a voulu
prendre leurs papiers. Marem a donné les siens, mais Zoulikhan a hurlé qu'elle
partirait avec ses papiers ou pas du tout. Elle voulait que l'on trouve sa carte
d'identité sur elle pour que son nom soit prononcé à la télé et que sa famille
sache à quoi elle l'avait poussée.
(Zoulikhan Elikhadjieva avait alors 19 ans. Le vrai nom de Marem, 26 ans, est
Zinalda Alieva. Les deux kamikazes se sont fait exploser à l'aérodrome de
Touchino, à Moscou, où avait lieu un concert en plein air, faisant 14 morts et
48 blessés.)
De la bière et des blagues
Le soir, Igor est rentré tard. Il a demandé si nous avions regardé la télé. Oui,
nous avions vu les informations sur l'attentat de Touchino. Cette nuit-là,
quelqu'un est passé le voir. Il est resté longtemps. Ils ont bu de la bière et
raconté des blagues. Moi, j'étais ahurie. À la télé, je venais de voir un
amoncellement de cadavres. C'est là que j'ai découvert ce que ça allait donner
pour moi. Si je vous dis que j'ai eu pitié de toutes ces victimes, vous n'allez
pas me croire... En fait, c'est Zoulikhan que je plaignais le plus. Je l'avais
vue vivante le matin même.
Izvestia: Parlez-nous du jour de votre attentat, le 9 juillet.
Zarema Moujakhoïeva: La veille, après le déjeuner, Igor est venu me dire:
«C'est pour demain.» Il m'a donné un hidjab noir, m'a fait mettre une robe noire
à manches longues et couvrant le cou. Il m'a tendu une feuille de papier avec un
texte qui disait en gros: «Mon heure est venue, et demain je marcherai contre
les infidèles au nom d'Allah, en mon nom et en votre nom, au nom du monde.» Igor
m'a fait asseoir sur un tapis devant une caméra vidéo.
Il m'a dit: «Nous montrerons le film aux autres filles et garçons, afin qu'ils
sachent que tu t'es conduite de façon héroïque, qu'ils voient la force de ta
conviction et qu'ils suivent ton exemple. Tu vas partir, mais cela restera. Nous
enverrons une cassette à ta famille et à tes amis.» Il évitait les mots tels que
«mort» ou «attentat». Igor a mis la caméra vidéo en marche. Il tenait la feuille
que je lisais sans en avoir l'air. Comme au théâtre.
Je voulais que ma famille voie cette cassette, pour qu'elle sache que j'étais
morte et que j'avais racheté ma faute, que j'étais une fille bien et que je ne
les embêterais plus. Quand Igor a arrêté la caméra, j'ai enlevé la robe noire et
le foulard pour remettre mon jean et mon t-shirt. Ensuite, j'ai fait la cuisine
pour Igor et Andreï. J'ai lavé toutes mes affaires. J'ai prié et j'ai bu une
infusion de valériane. Le 9, je me suis réveillée de bonne heure, comme à mon
habitude, pour la prière du matin. J'ai repassé tous mes vêtements, qui avaient
séché. Igor et Andreï sont sortis pendant une heure environ.
Ils sont revenus avec une besace noire et une ceinture de kamikaze, un
demi-cercle de cartouches d'explosifs entourées de ruban adhésif noir et fixées
à un ceinturon d'officier. Andreï m'a expliqué comment ça marchait. Je ne savais
pas ce qui allait se passer ensuite. Cela faisait déjà un mois que je n'avais
plus envie de me faire exploser. Si j'avais pu fuir, je l'aurais fait, mais Igor
me rappelait sans cesse que ses hommes surveillaient la maison. J'avais peur
d'être capturée et tuée.
Le juge d'instruction m'a demandé comment une future kamikaze pouvait avoir peur
de mourir en s'évadant. Il ne comprend pas qu'il y a mourir et mourir. Une
explosion, c'est instantané, ça ne fait pas mal, je vais au paradis et je
deviens une houri (martyre). Tandis que, si l'on m'attrape alors que je
m'enfuis, je me déshonore et, en prime, je ne sais pas ce qu'on peut me faire.
Bref, j'ai décidé d'aller me rendre à la police avec ma bombe et de fuir tout le
monde en me faisant emprisonner, bien que l'on puisse aussi me tuer en prison.
Ou me faire exploser à distance. Je craignais qu'Igor ou Andreï ne lisent dans
mes pensées. Ce qui m'a bien aidée, c'est que nos usages interdisent aux femmes
de regarder les hommes dans les yeux. Avant de quitter la maison, j'ai écrit
l'adresse de mon objectif sur mon avant-bras gauche.
(...)
Avant de me laisser, Igor a pris mes papiers, la photo de ma fille, mon livre et
mon portable, en me disant que je n'en aurais plus besoin. J'ai regretté la
photo et le portable. Il m'a répété que je devais faire tout ce qu'on m'avait
dit, que ses hommes étaient là partout à me surveiller. On m'avait habillée
comme une Moscovite, à la dernière mode: jean, baskets, t-shirt, surchemise
ocre, jolies lunettes de soleil et gilet assorti à la chemise. En me voyant dans
le miroir, avant de partir, j'ai bien aimé mon allure. Je n'avais jamais été
habillée comme ça. Pendant quelques secondes, j'ai été vraiment heureuse. De
beaux vêtements, un portable et plus de 1000 roubles en poche.
Igor m'a dit d'aller jusqu'au gros bâtiment (l'hôtel Rossia) et, là, de prendre
un taxi. J'ai donné l'adresse au chauffeur. Je n'ai pas eu besoin de la lire, je
m'en souvenais. J'ai cherché à lui faire comprendre qui j'étais. Je me suis
assise à l'arrière et je l'ai regardé droit dans les yeux, dans le rétroviseur.
Je voulais qu'il me dénonce à la police.
Je tenais mon sac sur mes genoux, je le regardais et je marmonnais des sourates
du Coran. Je jure devant Allah qu'il a tout compris. Je le regardais, il me
regardait. Il s'est même mis à transpirer tellement il avait peur. Nous avons
roulé un bon moment. Le chauffeur m'a laissée près du café et a redémarré tout
de suite. J'étais persuadée qu'il allait appeler la police et je suis même
restée là un petit moment à attendre que l'on vienne m'arrêter. Mais personne
n'est venu (...)
Je ne suis pas entrée dans le café. Je me suis assise à une table à la terrasse.
Je n'ai pas commandé de boisson. Il n'y avait pas beaucoup de clients à
l'intérieur. Quand quelqu'un s'approchait de moi, je me levais et m'éloignais
d'une dizaine de mètres avant de revenir m'asseoir. Je tentais d'avoir une
attitude suspecte, je bredouillais des sourates, je regardais les gens dans les
yeux. Je ne pouvais pas entrer dans le café pour me dénoncer parce qu'on m'avait
ordonné de rester à l'extérieur. Si j'étais entrée, j'aurais éveillé les
soupçons de ceux qui me surveillaient et ils auraient pu faire exploser ma
bombe. Maintenant, je sais qu'elle ne pouvait pas être déclenchée à distance,
mais, à l'époque, je croyais le contraire.
J'ai fixé une tablée d'hommes qui était à l'intérieur et je leur ai tiré la
langue. Je leur ai aussi montré les dents. Ils se sont levés et sont venus vers
moi. Ils étaient trois. Il y en avait un très imposant, en costume, je me suis
levée et je suis partie, mais pas trop loin. Ils se sont arrêtés à deux mètres
de moi et se sont mis à me poser des questions. «Tu as tes papiers? - Non.» Ils
ont avancé d'un pas, j'ai reculé d'autant. «Tu es russe? - Non.» Ils ont avancé
encore, j'ai reculé. «Tu as quoi dans ton sac?
- Une bombe.
- Une quoi?
- Une ceinture de martyre de l'islam.
- Tu mens!»
J'ai ouvert ma besace et j'ai fait un pas vers eux, pour qu'ils voient bien. Ils
ont reculé. J'ai avancé. Ils ont reculé. «Quitte cet endroit», m'a dit le gars
en costume. Je leur ai tourné le dos et je suis partie, lentement. Ils m'ont
suivie, à cinq mètres derrière. Ils n'étaient plus que deux. Le troisième devait
être parti téléphoner à la police. Je ne savais pas quoi faire, eux non plus. Je
marchais et j'attendais la mort, j'étais certaine qu'on allait me faire
exploser.
Nous avons marché longtemps, très longtemps. Je maintenais mon sac de la main
gauche et, de la droite, dans la petite poche, je protégeais le détonateur pour
qu'il ne se déclenche pas à l'improviste, parce que j'avais enlevé la sécurité.
Nous avons atteint un bâtiment avec une grande vitrine sur la rue, et là une
voiture de police est arrivée, un policier en est sorti, avec un gilet
pare-balles et une arme automatique.
Il a été le premier à me dire enfin clairement ce qu'il fallait faire:
«Arrête-toi! Pose délicatement ton sac par terre!» J'ai obéi et je me suis
éloignée de cette horrible besace. L'un des hommes du café m'a attrapée par le
bras droit et m'a tordu le bras gauche dans le dos. Le policier m'a passé les
menottes. Là, j'ai commencé à trembler, j'ai éclaté en sanglots. J'avais fait
tout ce que je pouvais, la suite ne dépendait plus de moi.
Izvestia: Que savez-vous du détachement des «veuves noires», qui
serait dirigé par Chamil Bassaïev ?
Zarema Moujakhoïeva: En fait, je suis l'une de ces veuves. Pendant
l'automne 2002, j'ai passé quelques semaines dans un camp de rebelles. Ils
vivent dans des abris, des sortes de tanières. Les parois sont recouvertes d'une
espèce de contreplaqué. C'est le black-out: lorsque la nuit tombe, on reste dans
le noir. Si un avion survole le camp dans la journée, tout le monde rampe
ailleurs et creuse de nouveaux trous. Ils ont des armes en pagaille. Là-bas, il
y a un homme qui a discuté avec moi, je n'ai pas levé les yeux sur lui, mais
j'ai vu une béquille et une prothèse, et j'ai cru deviner une longue barbe.
Peut-être que c'était Bassaïev. Il m'a demandé mes intentions. Je lui ai répondu
que je voulais donner ma vie, que j'avais une dette envers ma famille. Il a dit
que ce n'était pas bien de donner sa vie à cause de l'argent, qu'on ne devait se
sacrifier que pour la foi. Et que, si j'avais besoin d'argent, je n'avais qu'à
rester dans le camp et épouser un moudjahid, qu'il s'arrangerait avec ma
famille.
Je n'ai rien dit, mais je n'avais pas l'intention de rester là. Je voulais
mourir et pas me terrer dans les bois comme un rat. Dans le camp, je ne parlais
quasiment à personne; les femmes qui étaient là me regardaient de travers, comme
une étrangère. J'allais chercher l'eau au ruisseau, j'aidais à faire la cuisine.
C'était dans les montagnes, mais je ne sais pas où. On m'avait fait faire le
trajet avec plusieurs voitures et même à cheval. C'était la première fois que je
montais sur un cheval. Quelle horreur! Je ne sais vraiment pas pourquoi ils
m'avaient casée dans ce camp, ils ne devaient pas savoir quoi faire de moi.
Izvestia: Comment avez-vous décidé de commettre un attentat
suicide? De vous-même ou sous la contrainte ?
Zarema Moujakhoïeva: De moi-même. Je n'avais personne à qui me
raccrocher. J'étais orpheline. Je ne me plains pas, j'explique. Ma mère m'a
abandonnée quand j'avais 10 mois, mon père a été tué sur un chantier de Sibérie
lorsque j'avais 7 ans. C'était encore l'URSS à l'époque.
J'ai été élevée par mes grands-parents paternels et je n'ai presque pas vu ma
mère, sauf pour les Fêtes. À 19 ans, je me suis mariée avec un Ingouche de
Sleptsovks qui avait 20 ans de plus que moi. Et il était riche. Je me suis
retrouvée presque aussitôt enceinte. J'en étais à mon deuxième mois de grossesse
lorsqu'il a été abattu. Il faisait du business avec des métaux. Il
n'avait pas voulu partager son marché avec des concurrents. J'ai continué à
vivre dans sa famille. J'ai eu une fille; ils l'ont appelée Rachana. Je l'ai
allaitée jusqu'à 7 mois. Après, il a fallu prendre une décision. La petite
n'avait plus de père. La famille de mon mari est allée voir mes grands-parents
pour leur demander s'ils me reprendraient avec l'enfant. Ils n'ont pas voulu.
Alors, les parents de mon mari m'ont pris ma fille pour la donner à un autre de
leurs fils, qui était marié et n'avait pas d'enfants. Moi, j'ai été renvoyée
chez mes grands-parents pour que je refasse ma vie. Selon nos coutumes, c'était
quelque chose de normal.
Mais j'aimais trop Rachana. Elle me manquait affreusement. Or, ma grand-mère
gardait dans un coffre des bijoux de l'une de mes tantes. J'ai pris toutes ses
bagues, boucles d'oreilles, bracelets, j'ai ajouté trois bagues à moi et suis
allée dans un marché en Ingouchie, où j'ai tout vendu à la va-vite, pour 600$.
Ensuite, je suis allée voir ma belle-mère pour lui demander de me laisser ma
fille un petit moment, juste pour faire une dernière promenade.
En réalité, je pensais la prendre et m'envoler avec elle pour Moscou. La soeur
de ma mère y habite, je la connais à peine, mais j'avais son téléphone, je
pensais débarquer chez elle, puis voir venir. Mais j'avais fait l'erreur de
laisser un petit mot à ma grand-mère, lui expliquant qu'il ne fallait pas me
chercher, que j'avais pris les bijoux et que je partais à Moscou avec Rachana.
Je voulais éviter qu'elle ne s'inquiète et ne pas partir comme une voleuse. J'ai
été stupide.
Six de mes tantes nous ont rattrapées à l'aéroport. Quatre m'ont raccompagnée à
Assinovskaïa et les deux autres ont ramené Rachana à Sleptsovsk. Mes
beaux-parents ne savent toujours pas que j'ai voulu enlever ma fille. À la
maison, on a fait les comptes et on m'a dit que j'avais volé 800$. J'avais bradé
les bijoux. On m'a battue. J'étais la honte de la famille. Ma vie est devenue un
enfer. Dès que mes tantes venaient, elles me battaient en me répétant tout le
temps que j'aurais mieux fait de crever. J'ai fini par penser que ce n'était pas
une mauvaise idée.
Je suis allée voir Raïssa Ganieva. Tout le monde savait qu'elle était liée aux
rebelles, elle ne cherchait pas à le cacher. J'avais aussi entendu dire que les
familles des filles qui se faisaient exploser touchaient 1000$. Ma dette était
de 800$, ça faisait encore une prime. Bien sûr, même si j'avais racheté ma dette
en mourant, ça n'aurait pas effacé la honte, mais il me fallait faire quelque
chose. J'avais toujours voulu être une fille bien. J'ai dit à Raïssa que je
voulais me sacrifier. Elle m'a donné le livre Dernier Instant avant la mort
et plein d'autres livres wahhabites. Et elle m'a présentée à son frère, qui m'a
prise en charge.
Izvestia: Y a-t-il quelqu'un de votre famille qui vient vous voir
à la prison, qui vous apporte des colis ?
Zarema Moujakhoïeva: Non. Je n'attends plus rien d'eux. (...) J'ai coupé
le cordon.