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Washington et Israël contre Hezbollah (Liban)

Extrait de AFP : Stephen Collinson
AFP, Washington, Samedi, 22 Juillet 2006

Washington et Israël à l'unisson contre le Hezbollah

LE CONFLIT S'INTENSIFIE

 

Photo AFP

La guerre qu'Israël mène depuis plus de dix jours contre le Hezbollah en territoire libanais, avec le soutien de Washington, révèle une administration américaine à l'unisson comme jamais avec l'État hébreu.

«Cette fois-ci, l'administration agit comme s'il y avait une identité d'intérêts entre Israël et les États-Unis», déclare MJ Rosenberg, du Israël Policy Forum.

«Je dirais que je ne me souviens pas d'une telle situation dans le passé», ajoute cet expert. «Je pense que la vision du monde de George W. Bush est identique à celle d'Israël (...). À un moment donné, Bush a décidé qu'Israël avait raison».

Les États-Unis ont apporté un soutien inconditionnel à l'État hébreu depuis le début de son offensive au Liban contre le Hezbollah et dans les territoires palestiniens contre le Hamas, refusant d'appeler à un cessez-le-feu, opposant leur véto à une résolution de l'ONU qui qualifiait de «disproportionnée» l'opération israélienne dans les Territoires palestiniens, et accélérant la livraison de bombes à Israël.

Pour Steven Cook, du Council on Foreign Relations, la situation actuelle est comparable au soutien manifesté par les États-Unis envers Israël pendant la guerre des Six Jours en 1967 et, de nouveau, pendant la guerre du Kippour en 1973.

Selon cet analyste, la convergence de vues entre Washington et l'État hébreu s'explique par de nombreux intérêts communs, notamment le désir de neutraliser le Hezbollah, que Richard Armitage, le secrétaire d'État adjoint au Proche-Orient du premier mandat du président George W. Bush, avait un jour présenté comme «les As» du terrorisme mondial.

«Il ne s'agit pas d'une dévotion aveugle envers le gouvernement israélien. Il y a des raisons valables pour cela», ajoute M. Cook.

Pour l'opinion américaine, le Hezbollah reste le groupe responsable de l'attentat de 1983 contre le QG des Marines à Beyrouth, qui avait fait 241 morts et chassé les États-Unis du Liban.

En outre, tout comme Israël, l'administration américaine voit la main de l'Iran et la Syrie derrière l'attaque du Hezbollah à la frontière israélienne, qui a été à l'origine de l'offensive israélienne le 12 juillet.

La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a de nouveau refusé vendredi d'appeler à un cessez-le-feu au Liban, estimant qu'une telle approche relevait du «vieux» Proche-Orient et ignorait ce que Washington considère comme la «racine» du problème, le soutien de la Syrie et de l'Iran au Hezbollah.

Mais certains analystes préviennent qu'un soutien aussi absolu à Israël ne répond pas aux intérêts stratégiques des États-Unis.

«Soutenir Israël ne signifie pas que les États-Unis ne devraient pas être constamment visibles et agressifs dans leurs efforts de paix», écrit Anthony Cordesman, du Center For Strategic and International Studies (CSIS), dans une étude stratégique.

L'administration américaine «discrédite le rôle de médiateur des États-Unis dans le conflit israélo-arabe, par simple inaction et par inertie, ce qui n'aide ni Israël ni aucun des alliés des États-Unis dans le monde arabe et musulman», ajoute M. Cordesman.

Deux chercheurs américains ont provoqué une tempête aux États-Unis il y a quelques mois, en publiant une étude dans laquelle ils jugeaient exagérée l'influence du lobby juif sur la politique américaine au Proche-Orient.

Ils estimaient qu'elle forçait Washington à adopter des positions contraires aux intérêts stratégiques des États-Unis.