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Hezbollah, Missile Inconnu

Extrait de Agence France-Presse : Nayla Razzouk
Beyrouth, Vendredi, 28 Juillet 2006

Le Hezbollah tire un missile de type inconnu

RICE DE RETOUR AU PROCHE-ORIENT SAMEDI 

Des Israéliens observent les restes d'un missile tiré par le Hezbollah contre la ville d'Afoula.
Photo AFP

Pour la première fois, le Hezbollah libanais a tiré vendredi un missile de type inconnu contre une ville du nord d'Israël, à la veille du retour dans la région de la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice.

En tirant ce missile contre la ville d'Afoula, située à environ 50 km de la frontière libanaise, le Hezbollah a franchi un nouveau palier dans son affrontement avec l'État hébreu, alors même qu'Israël intensifiait ses raids aériens contre les positions de ce parti chiite au Liban sud.

Mme Rice, de retour au Proche-Orient pour la deuxième fois en moins d'une semaine, doit notamment rencontrer samedi le premier ministre israélien Ehud Olmert.

Mme Rice, qui arrivera de Malaisie, devrait s'entretenir également avec le ministre israélien des Affaires étrangères, Tzipi Livni, a précisé à Kuala Lumpur un responsable du département d'État sous couvert de l'anonymat. Mme Rice pourrait aussi rencontrer le ministre de la Défense, Amir Peretz, a-t-il ajouté.

Le président américain George W. Bush a affirmé qu'elle «(travaillerait) avec les dirigeants d'Israël et du Liban pour saisir l'occasion de parvenir à une paix et une stabilité durables pour les deux pays».

Vendredi, 17e jour du conflit, le coordinateur des affaires humanitaires de l'ONU, Jan Egeland, a fait état de plus de 600 victimes civiles et a demandé une trêve de 72 heures entre Israël et le Hezbollah pour évacuer les blessés et acheminer des vivres et des médicaments dans la zone de conflit. Selon un bilan partiel établi par l'AFP de sources policières, 430 personnes, dont 359 civils, ont été tuées côté libanais.

M. Bush a aussi appelé, lors d'une conférence ce presse conjointe avec le premier ministre britannique Tony Blair, à Washington, à déployer «rapidement» une force internationale au Liban sud.

Une réunion de pays considérés comme contributeurs potentiels de cette force doit avoir lieu lundi au siège de l'ONU, à New York, selon cette organisation.

Une réunion du Conseil de sécurité au niveau ministériel pourrait se tenir plus tard dans la semaine pour discuter d'un éventuel projet de résolution sur le Liban.

En Israël, la police a précisé que le missile «de type inconnu» tiré contre Afoula transportait une charge explosive d'environ 100 kg. L'engin a provoqué plus de dégâts que les roquettes Katioucha tirées par le Hezbollah à partir du Liban.

À Beyrouth, le Hezbollah a revendiqué le tir de missiles de type «Khaibar I», un nom jusqu'alors inconnu.

«La Résistance islamique a tiré une salve de missiles Khaibar I sur la région d'Afoula, au-delà de (la ville de) Haïfa, inaugurant une nouvelle étape dans la confrontation» avec Israël, a affirmé le bras armé du Hezbollah dans un communiqué.

Située au sud de Haïfa, Afoula est la localité la plus éloignée de la frontière libanaise frappée par le Hezbollah depuis le début du conflit, le 12 juillet.

L'armée israélienne a décidé de déployer des missiles antimissiles Patriot dans la région de Tel Aviv (centre).

Le Hezbollah, une nouvelle fois désigné comme le responsable du conflit par MM. Bush et Blair, a cependant marqué des points sur le plan diplomatique: le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a prévenu à Moscou que «tout accord» sur le Liban devait être «coordonné» avec toutes les parties concernées, «y compris le Hezbollah».

L'armée israélienne a tiré vendredi plus de 300 bombes et missiles contre des villages libanais et maintenu sa pression dans la région frontalière, où se se sont poursuivis des combats pour la prise de Bint-Jbeil, bastion du Hezbollah au Liban sud. 26 combattants de ce parti ont été tués, a affirmé une porte-parole de l'armée israélienne. Selon la télévision Al-Arabiya, 6 soldats israéliens ont été blessés dans cette même localité vendredi.

Les raids israéliens ont tué au moins 10 civils vendredi au Liban.

L'aviation israélienne a également mené onze raids contre des villages de la Békaa, dans l'est du pays, après 50 frappes nocturnes.

Le Hezbollah a répondu en tirant plus de 100 roquettes sur le nord d'Israël, faisant trois blessés, selon l'armée israélienne.

Pour des raisons de sécurité, l'ONU a décidé vendredi de transférer provisoirement huit de ses observateurs militaires non armés, stationnés dans deux postes au Liban sud proches de la frontière avec Israël. Quatre avaient été tués mardi au Liban sud dans un bombardement israélien.

Jeudi, le cabinet israélien avait décidé d'intensifier les frappes aériennes pour briser la résistance du Hezbollah. L'État hébreu avait aussi donné son accord à l'armée pour qu'elle puisse mobiliser trois divisions de réservistes, soit jusqu'à 30.000 hommes.

Du côté israélien, 51 personnes ont péri, 18 civils tués par les tirs de roquettes du Hezbollah sur les localités du nord du pays et 33 militaires. Cependant, le gouvernement a toujours le soutien de sa population, une majorité d'Israéliens (71%) se disant en faveur d'un durcissement de l'offensive au Liban, selon un sondage publié vendredi.

Le chef d'état-major israélien, le général Dan Haloutz, a été brièvement hospitalisé à Tel Aviv après avoir été victime d'un malaise.

Les étrangers ont continué à quitter le Liban. Un navire français, le Mistral, avec 1.300 personnes évacuées, est attendu à Chypre samedi.

Par ailleurs, deux Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne mène depuis le 28 juin une vaste offensive après
l'enlèvement d'un de ses soldats par des mouvements palestiniens.

Ces décès portent à 145 le nombre des Palestiniens tués dans cette offensive, qui a coûté la vie à un soldat israélien.