Isabelle Hachey : Powell à Athènes       Mesurez votre audience

Collaboration spéciale Isabelle Hachey
La Presse, Montréal, Samedi, 28 Août 2004

La visite de Powell dérange les Athéniens

Athènes --

Des centaines de manifestants sont descendus dans les rues d'Athènes, hier soir, pour protester contre la visite du secrétaire d'État américain Colin Powell aux Jeux olympiques, ainsi que contre l'occupation de l'Irak.

Il y a eu des accrochages. Quelques dizaines d'anarchistes ont brisé des vitrines, allumé des feux et lancé des pierres et des bouteilles aux policiers et aux journalistes étrangers qui couvraient la manifestation. En fin de soirée, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Armés de pancartes avisant M. Powell qu'il est persona non grata à Athènes, les manifestants avaient espéré traverser le centre-ville pour se rendre devant l'ambassade américaine, mais se sont heurtés à des centaines de policiers antiémeutes, qui leur ont bloqué la route. À minuit, tout était revenu au calme.

Selon les sondages, les Grecs forment la nation la plus férocement antiaméricaine d'Europe. Ce sentiment s'est manifesté à plusieurs reprises pendant les Jeux. Dans les différents stades d'Athènes, des spectateurs ont hué des athlètes pour la seule et unique raison qu'ils défendaient les couleurs des États-Unis.


En mars 2003, des centaines de milliers de Grecs avaient manifesté contre l'invasion anglo-américaine en Irak. Plus de 90 % de la population était opposée à la guerre.

Deux jours seulement après les attentats du 11 septembre 2001, des milliers de partisans de l'équipe de football d'Athènes avaient chahuté pendant une minute de silence dédiée aux victimes des attentats. Un groupe avait même cru bon de brûler le drapeau américain.

Ce fort ressentiment n'est pas né de l'ère Bush, mais remonte aux années noires de la dictature des colonels (1967-1974), soutenue par Washington.

Colin Powell arrivera ce matin à Athènes et assistera, demain, à la cérémonie de clôture des Jeux. Personne ne craint pour sa sécurité. La Grèce a déployé plus de 100 000 policiers, militaires, gardes-côtes et pompiers pour assurer la sécurité des Jeux, une des premières priorités du gouvernement.

Avec AFP et AP