Histoire
: Guerre aux Élections en Irak
France-Presse
Dubai, Dimanche, 23 Janvier 2005
Zarqaoui déclare la guerre aux élections en Irak
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| Photothèque La Presse |
L'islamiste Abou Moussab Al-Zarqaoui, chef d'Al-Qaïda en Irak, a déclaré «une guerre farouche» aux élections dans ce pays, destinées, selon lui, à donner le pouvoir aux chiites, dans un enregistrement audio qui lui est attribué et mis en ligne dimanche, à une semaine du scrutin.
Les élections du 30 janvier sont «un piège
abominable, destiné à assurer aux Rafidha (appellation péjorative des chiites)
le contrôle des rouages du pouvoir» en Irak et «nous avons déclaré une guerre
farouche à ce processus ignoble», a annoncé la voix attribuée à Zarqaoui dans le
message diffusé sur des sites internet islamistes.
L'auteur du message, dont l'authenticité ne peut être établie dans l'immédiat,
assure que «4 millions de Rafidha ont été amenés d'Iran pour participer aux
élections afin de réaliser leur objectif, qui consiste à contrôler la majorité
des sièges à l'Assemblée» nationale transitoire.
Le groupe de Zarqaoui, ennemi numéro un des États-Unis en Irak, est responsable
de nombreux attentats meurtriers, destinés à entraver le déroulement du scrutin
du 30 janvier, marquant les premières élections multipartites depuis un
demi-siècle en Irak.
Les chiites, majoritaires en Irak, sont donnés favoris de ces élections,
boycottées par la majorité des groupes sunnites, qui contrôlaient le pouvoir
sous le régime de Saddam Hussein, renversé en avril 2003.
Dans son nouveau message de 45 minutes, intitulé «démocratie», le chef d'Al-Qaïda
en Irak s'en prend aux élections qui constituent, selon lui, «une grande farce
américaine».
Il rejette totalement le processus démocratique promis en Irak contraire, selon
lui, à la charia, la loi islamique, qualifiant d'«hérésie» le principe du
«pouvoir du peuple par le peuple».
Il laisse planer la menace de frapper «tous ceux qui, par leur aide ou leur
assistance, s'impliquent dans ce processus», qui sera lancé par le scrutin du 30
janvier.
«Leur sort est similaire à celui de ceux qui appellent (aux élections)», dit-il.
Zarqaoui a été désigné en décembre dernier par le chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben
Laden, comme «émir» de «l'Organisation d'Al-Qaïda au pays du Rafidaïn» (la
Mésopotamie) à qui il faut obéir.
Les États-Unis avaient accusé Zarqaoui de chercher à provoquer une guerre civile
entre chiites et sunnites.