En bref : Avocats AJ
mécontents
Collaboration Marie-Claude
Malboeuf
Vendredi 04 Juin 2004
Cyberpresse et
La Presse, Montréal
Les avocats de l'aide juridique mécontents de leur salaire
Les 300 avocats de l'aide juridique manifesteront dès lundi prochain pour obtenir le même salaire que leurs confrères de la Couronne. «Nous pourrions faire trois journées de grève», menace aussi le président de leur fédération syndicale, Me Paul Faribault, fâché que sa dernière lettre au nouveau ministre de la Justice soit restée sans réponse.
Sans contrat de travail depuis près de deux ans, les employés de l'aide juridique jalousent les 300 procureurs, à qui plusieurs journées de grève ont permis de décrocher des augmentations de plusieurs milliers de dollars, l'an dernier. « Tous les avocats du gouvernement gagnaient le même salaire depuis 20 ans. C'est légitime : on croise le fer tous les jours avec nos collègues de la Couronne. On a les mêmes responsabilités », a expliqué hier un criminaliste de Rimouski, Me Rodrigue Joncas, en conférence de presse. « En fait, dit-il, c'est encore plus dur de préparer un dossier avec un client démuni, souvent analphabète ou psychiatrisé qu'avec un enquêteur chevronné. »
« Si les avocats qui représentent les démunis sont moins payés que ceux qui représentent la police, on devine bien où iront les meilleurs », prévient encore Me Faribault.
Les avocats de l’aide juridique gagnent entre 34 000 $ et 81 000 $, contre de 40 000 $ à 93 000 $ pour les procureurs. (Une échelle spéciale s’applique à une poignée de « méritants ».) Quant aux autres juristes de l’État, qui rédigent les lois ou représentent Québec au civil, ils viennent de se voir offrir un salaire de 8 % inférieur à celui des procureurs.