En bref : Alcool et Cannabis
Collaboration
Sylvain
Larocque
Presse Canadienne,
Mercredi 24 Novembre 2004
Ottawa
Le nombre de consommateurs de drogues a doublé en dix ans
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| Photo PC |
Le nombre de Canadiens qui disent avoir consommé du cannabis ou d'autres drogues au cours des douze derniers mois a doublé en 10 ans, révèle une nouvelle étude commandée par le ministère fédéral de la Santé.
Quelque 14,1 pour cent de la
population canadienne dit avoir fumé du cannabis au cours de la dernière année,
contre 7,4 pour cent en 1994. Le tiers d'entre eux estiment avoir perdu le
contrôle de leur consommation.
Après la Colombie-Britannique (16,8 pour cent), c'est au Québec qu'on trouve la
proportion la plus élevée de fumeurs de cannabis au pays: 15,8 pour cent de la
population en a pris au cours de la dernière année. L'Ontario (12,4 pour cent)
et le Nouveau-Brunswick (11,1) se situent sous la moyenne pancanadienne.
Ces données sont tirées de l'Enquête sur les toxicomanies au Canada, l'un des
plus importants sondages menés ces dernières années sur la question.
La proportion de Canadiens ayant consommé du cannabis au moins une fois dans
leur vie a aussi bondi ces 10 dernières années, passant de 28,2 pour cent en
1994 à 44,5 pour cent en 2004.
On note la même tendance dans l'usage des drogues dures: la proportion de
Canadiens ayant pris de la cocaïne ou du crack au moins une fois au cours de
leur vie est passé de 3,8 pour cent en 1994 à 10,6 pour cent en 2004. Dans la
dernière année, 1,9 pour cent de la population en a consommé, contre 0,7 pour
cent en 1994. Même chose pour le LSD, le speed et l'héroïne: la proportion de
ceux qui en ont déjà pris était de 13,2 pour cent en 2004, en nette hausse par
rapport à 1994 (5,9 pour cent).
Le Québec dépasse la moyenne canadienne dans l'usage de la plupart des drogues
dures: cocaïne, crack et speed, tandis que l'Ontario et le Nouveau-Brunswick se
situent en-dessous.
Alcool
La consommation d'alcool aussi a augmenté au cours des dix dernières années. La
proportion des Canadiens ayant bu au moins une fois dans les douze derniers mois
est passée de 72,3 pour cent en 1994 à 79,3 pour cent en 2004. Quelque 7 pour
cent des répondants ont admis boire beaucoup et souvent, soit davantage qu'en
1994 (5,4 pour cent).
Au Québec, 82,3 pour cent de la population a pris au moins un verre au cours de
la dernière année. Les Québécois ont tendance à boire plus souvent mais en moins
grande quantité, selon l'étude. Encore une fois, les Ontariens et les Néo-Brunswickois
sont plus sages à cet égard que les Canadiens dans leur ensemble.
Mais à l'échelle nationale, environ un adulte sur cinq boit de façon dangereuse,
a soutenu Ed Adlaf, du Centre de toxicomanie et de santé mentale.
Le député conservateur Vic Toews n'a pas tardé à imputer la hausse de la
toxicomanie au gouvernement fédéral.
«La stratégie libérale antidrogue est un échec», a-t-il lancé, avant de
s'indigner du projet de décriminalisation de la marijuana.
Le ministre de la Santé, Ujjal Dosanjh, a rejeté cette accusation.
«La loi n'a pas encore changé et le taux (de toxicomanie) est déjà à la hausse,
alors il y a de toute évidence quelque chose que nous ne faisons pas
correctement, a-t-il admis. Nous nous concentrerons sur la sensibilisation.»
Le ministre de la Justice, Irwin Cotler, a tenu à rappeler que le gouvernement
ne légalisait pas la possession de marijuana, mais qu'il ne faisait que la
décriminaliser.
Les chercheurs qui ont dirigé l'enquête ont indiqué qu'à leur avis, la
législation antidrogue semblait avoir peu d'effets sur la toxicomanie. Une
analyse plus approfondie des données recueillies sera nécessaire afin
d'expliquer l'expansion du problème, ont-ils précisé.
Il reste que les spécialistes se sont dits particulièrement préoccupés par
l'augmentation de la forte consommation d'alcool chez les jeunes de 18 à 24 ans,
voire moins âgés.
Le sondage a été réalisé de décembre 2003 à avril 2004 auprès de 13 909
Canadiens de 15 ans ou plus. On a interrogé au moins 1000 personnes par
province.