Déménager sans polluer      Mesurez votre audience

Collaboration spéciale Sylvie St-Jacques
La Presse, Montréal, Samedi, 26 Juin 2004

Déménager sans polluer

     Voilà qu'approche l'heure fatidique où des amoncellements de vieux objets, endormis depuis le crash de 1929 dans les placards et cabanons, engorgeront les ruelles de la ville. Cette année, plutôt que d'envoyer au dépotoir nos piles d'objets périmés, meubles et électroménagers désuets et pots de peinture, soyons prévoyants, soucieux de l'environnement, organisés. Autrement dit: repartons en neuf en déménageant écolo.

Résolution no 1: vous déménagez, pas votre bac vert

Le bac de recyclage, qui sera évidemment gavé pendant les semaines précédant le déménagement, doit rester à la même adresse et être légué aux nouveaux occupants.

Résolution no 2: donnez au lieu de jeter

À l'heure de la grande opération « ménage » où le mot d'ordre est « élimination », on est souvent pris d'une rage soudaine qui nous incite à tout jeter aux ordures pour repartir en neuf. Mais avant de larguer pour de bon ce poncho orange, ces chaussures plateformes ou ce pantalon trop serré, faites d'abord le tour de votre réseau amical ou familial. Vous pourriez trouver des preneurs heureux d'adopter vos vieilleries (peut-être en vue du prochain party d'Halloween). Les friperies et les organismes de charité comme les Petits Frères des pauvres ou Jeunesse au Soleil accueilleront aussi vos vieux vêtements.

Pour obtenir diverses adresses sur le territoire métropolitain où l'on peut donner des vêtements, mais aussi des articles de sport, meubles, instruments de musique, électroménagers, consultez la section du Guide du réemploi de la Ville de Montréal correspondant à votre arrondissement ( www.guidedureemploi.com  ).

Résolution no 3: ne balancez pas aux ordures votre vieux frigo

À Montréal, il existe un mythe persistant laissant croire aux citoyens qu'ils ont le privilège de laisser leurs gros morceaux- poêles, frigos, micro-ondes etc.- dans la ruelle où ils seront éventuellement ramassés par la Ville.

Raphaëlle Groulx, coordonnatrice de l'Éco-quartier du Plateau Mont-Royal, s'indigne de cette mauvaise habitude. « C'est un comportement délinquant. Pour savoir quand on peut mettre à la rue les encombrants, il faut d'abord téléphoner à la Ville, au 872-3434 », dit-elle. Si l'on choisit cette option, nos électroménagers iront à l'enfouissement.

Un peu d'effort et de débrouillardise pourraient donner à vos électroménagers encore fonctionnels une seconde vie ou leur éviter une dégradation nuisible pour l'environnement. Si on a la chance de disposer d'un véhicule, de bras forts et d'un diable, on peut en faire cadeau à son éco-centre local (mais attention: ils exigent tous une preuve de résidence, n'assurent pas nécessairement la collecte et plusieurs seront fermés le 1er juillet).

Divers commerces spécialisés dans la revente d'électroménagers acceptent les vieux frigos, micro-ondes, cuisinières, laveuses et sécheuses, à condition que les marques et l'année de fabrication les intéressent. Encore une fois, le site www.guidedureemploi.com  fournit des informations et adresses pertinentes. Et n'oublions pas le réseau des Ressourceries du Québec, qui compte 40 points de chute où l'on récupère, nettoie, répare et recycle les vieux objets, tout en créant des emplois pour les personnes en réinsertion sociale. Pour connaître les coordonnées d'une ressourcerie près de chez vous, consultez le site: www.reseauressourceries.org .

Résolution no 4: gare à cette mine de plomb, de lithium, de mercure...

On ne le répétera jamais assez: il est écologiquement inadmissible de larguer aux ordures les vieilles piles, les solvants, les contenants de peinture, les ordinateurs désuets, les téléphones cellulaires et les médicaments périmés. Les résidus domestiques dangereux, qui ne composent que 1 % de la quantité totale des déchets collectés, sont pourtant responsables de 80 % de la contamination des terrains d'enfouissement. De plus, ils sont recyclables dans 90 % des cas.

« Aucune pile ne doit être jetée aux ordures. Elles contiennent du nickel, du cadmium et autres métaux lourds, parfois du mercure », rappelle Alain Labrecque, directeur de l'Éco-centre Rosemont-Petite-Patrie.

À Montréal, les éco-centres acceptent tous les résidus domestiques dangereux alors que toutes les compagnies de peinture (comme RONA) s'engagent (c'est la loi) à récupérer les pots de peinture entamés, mais pas complètement vides. La plupart des garages reprennent les pneus, les huiles à moteur usées et les batteries d'automobile. Certains éco-quartiers récupèrent les téléphones cellulaires- qui contiennent arsenic, béryllium, cadmium, plomb, mercure et antimoine-, en versant le profit de leur collecte à des organismes de charité.

Pour les vieux ordinateurs, on a quelques options, mais c'est loin d'être parfait. Les éco-centres les acceptent et les revendent s'ils sont encore fonctionnels. « Quand on a le temps, on les démonte et on extrait les métaux lourds. Mais les composantes des ordinateurs ne sont pas toutes recyclables », explique Alain Labrecque. D'autres endroits où envoyer vos vieux ordis: Micro-Recyc Coop (514) 227-5776; ReBoot Québec (514) 822-1001 et Ordinateurs pour les écoles 1 877 350-3244.

Résolution no 5: la ruelle n'a que faire de votre mobilier colonial

La plupart des éco-centres de Montréal accepteront vos vieux sofas, bases de lits, matelas, commodes, tables, chaises... Pour connaître les commerces ou organismes de charité qui se réjouiront de les recevoir pour les revendre ensuite à prix modique, le site www.guidedureemploi.com est encore une fois un incontournable.

Résolution no 6: achetez d'occasion, échangez, recevez...

Avant de se ruer chez IKEA pour se meubler à neuf, pourquoi ne pas faire les ventes de débarras, scruter les babillards du YMCA, consulter l'entourage pour savoir qui se débarrasse de quoi ou faire un petite virée dans les éco-centres ou les magasins de meubles d'occasion? On peut faire des trouvailles à peu de frais en conservant une conscience écolo tranquille.

Résolution no 7: lavez plus vert

Il paraît qu'au Canada, on utilise annuellement 54 000 tonnes de nettoyants. Voilà qui devrait nous motiver à choisir des produits « écologiquement corrects » pour faire reluire notre nouveau cocon. Il y a évidemment les options « maison » comme le vinaigre en vaporisateur pour remplacer le Windex et les concoctions à base de savon pur (par exemple, le savon de Marseille) et de bicarbonate de soude. En mélangeant une demi-tasse de savon pur, quatre gallons d'eau chaude et un quart de tasse de jus de citron, nous voilà pourvu d'un détergent efficace et écolo. Sinon, on peut acheter des produits écolos chez Nettoyants Lemieux par exemple: www.nettoyants-lemieux.com